Alors que nous traversons une période d’instabilité politique, marquée par des démissions ministérielles successives, il est difficile de construire une vision à court terme sans visibilité budgétaire, alors même que nous dépendons de la loi de finance.
La CGT rappelle que le droit au logement est un axe fondamental au service de tou.tes les travailleuses et travailleurs, constituant le premier poste de dépenses de notre pays. Il leur permet de trouver leur place dans la société, de fonder une famille, de trouver un travail et de scolariser leurs enfants.
Le lien emploi-logement est indéniablement un axe fort et collectif à aborder dans sa globalité, et on ne répond pas à la paupérisation des locataires par le financement et un statut de bailleurs privés, concurrençant les bailleurs sociaux sans les contraintes, et dont c’est le métier !
En ce sens, la CGT avait interpellé la Ministre du logement pour exiger du Gouvernement une loi de programmation pluriannuelle pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux, par des politiques publiques qui prennent en compte la place d’Action Logement.
En France, près de 18 millions de personnes*, soit presque 1 sur 4, souffrent de la crise du logement.
C’est devenu malheureusement une triste réalité qui fait froid dans le dos en 2025, des difficultés à se loger, à entretenir son habitat, la suroccupation, l’insalubrité, que l’on soit locataire ou propriétaire.
Cela passe par vivre de son travail puis d’une retraite décente, bénéficier de la protection sociale quand on subit des aléas de la vie.
La CGT plaide pour un grand service public de l’habitat et du logement, pour mettre en œuvre une politique nationale de l’habitat qui nécessite de redonner à chaque acteur sa place (services de l’État, HLM, Action Logement, OPH, collectivités territoriales, Caisse des Dépôts…) et de coordonner leurs interventions au service d’une politique nationale décentralisée au niveau du bassin d’emplois le plus pertinent.
Face à l’offensive du Gouvernement sur la politique du logement, de l’habitat et de son financement, la CGT réaffirme son attachement aux valeurs du paritarisme, qui est un gage de réussite et de cohésion sociale.
À cela s’ajoutent des freins lourds pour Action Logement causés par une capacité financière fragilisée qui pose beaucoup d’interrogations, des procédures complexes qui excluent trop de salarié.es, la pression de l’état dans les attributions, et un risque de politiques discriminantes si les partis d’extrême droite progressent aux municipales.
Ce risque mettrait directement en cause notre mission d’utilité sociale et l’égalité d’accès au logement pour tou.tes.
La CGT sera vigilante aux conséquences de ces orientations sur la politique sociale du groupe, l’évolution des emplois et de sa masse salariale.
*selon la fondation pour le logement (ex-fondation Abbe Pierre)
A Montreuil, le 29 septembre 2025
