Présent.e.s : les secrétaires généraux et président.e.s des 3 organisations patronales et des 5 organisations syndicales.
Il s’agissait de la première réunion sous ce format depuis juin 2025, la CGT ayant fait en sorte d’en repousser la tenue pour éviter que le patronat ne reprenne la main et n’impose son agenda social.
Le patronat s’est dit « choqué » par la violence du PLF et du PLFSS et très inquiet par la situation économique. Leur volonté est donc de parler de la situation économique et du modèle productif, pas seulement des questions sociales. Il a indiqué être très attaché au dialogue social autonome et au fait que nous ne soyons pas instrumentalisés par des échéances politiques, raison pour laquelle ils ont refusé de participer à la conférence emploi/travail/retraite.
Le patronat a dénoncé la violence du rapport sénatorial sur les 211 milliards d’aides publiques et des discours qui feraient passer les entreprises pour des assistées. Le MEDEF a remis sur table 2 documents proposant une négociation sur les jeunes et une sur le modèle productif.
Les organisations syndicales et notamment la CGT ont insisté sur :
- La violence du PLF et du PLFSS pour le monde du travail ! Les allocations familiales vont baisser, le budget des hôpitaux est catastrophique, le salaire des fonctionnaires va encore baisser, tout comme le financement des collectivités territoriales, des services publics, de la culture, de l’audiovisuel public…Dans le même temps alors que l’ancien ministre de l’économie explique que les plus riches ne payent pas d’impôts aucune mesure de justice fiscale n’a été mise en place et il est très choquant que les organisations patronales aient défendu les milliardaires au lieu de défendre les entreprises. Ce alors que les salaires stagnent et n’ont toujours pas retrouvé leur niveau d’avant 2020…
- La CGT a insisté sur l’alerte que nous lançons depuis près de 2 ans sur les licenciements et la situation économique et sur notre exigence que des mesures d’urgence soient prises pour sortir de la politique du chèque an blanc en direction des grands groupes ! La CGT est demandeuse de parler enfin du modèle productif pour relocaliser l’industrie, organiser la transition environnementale, énergétique et numérique en sécurisant les salarié.e.s mais cela nécessite que le patronat prenne ses responsabilités ! Les principaux responsables de cette vague de désindustrialisation sont les actionnaires de grands groupes et de fonds spéculatifs représentés et soutenus par le MEDEF. Cela nécessite donc que le patronat rompe avec cette politique du profit contre l’intérêt général !
Si le patronat veut réellement défendre le made in France qu’il s’exprime sur la question des marchés publics par exemple, sur la protection des savoirs faire et des technologies, sur l’obligation d’utiliser les aides publiques en matière de recherche pour développer et produire sur le territoire national… La France et l’Europe peuvent être rayées de la carte, alors que les normes sont une protection contre le dumping, pourtant le patronat français et européen fait tout pour les supprimer. Pour protéger notre industrie et empêcher les délocalisations il faut harmoniser vers le haut les droits au plan européen et moduler les droits de douane en fonction des normes sociales et environnementales. Quelles positions du patronat là-dessus ??? - Pas possible d’avoir un double discours et de vouloir développer un agenda social autonome tout en remettant en cause le paritarisme à l’AGIRC ARRCO et sur l’assurance chômage. Avant l’ouverture de toute négociation, nous exigeons une nouvelle séance de négociation à l’Agirc ARRCO pour revaloriser les pensions en 2026. Le gel des pensions AGIRC ARRCO alors que les réserves atteignent 70 milliards est une honte et sera instrumentalisé par le gouvernement pour justifier une ponction sur les retraites complémentaires ! Sur l’assurance chômage, la stratégie patronale de faire capoter les négociations pour permettre au gouvernement de reprendre la main et d’imposer sa réforme est grossière et inacceptable.
- La CGT a interpellé le patronat sur sa responsabilité sur la montée de l’extrême droite, la lutte contre le racisme dans les entreprises et la situation des travailleurs sans papiers et les travailleurs étrangers. La situation est catastrophique, quand est-ce que le patronat aura le courage de s’exprimer sur le sujet pour demander au ministre de l’Intérieur de changer de politique ?
- CGT, CFDT et CGC ont indiqué découvrir les documents distribués sur table par le MEDEF et qu’il ne pourrait pas y avoir de réunion avant le mois de mars, le temps que la négociation assurance chômage soit achevée.
- Les organisations syndicales ont demandé à ce que les comités de suivis prévus par les précédents accords soient mis en place avant toute nouvelle négociation. La CGT a exigé que les organisations non-signataires soient invitées, à l’image de la CPME qui a été invitée dans le cadre du comité de suivi de l’accord Agirc Arrco dont elle n’était pas signataire. Le patronat a été obligé d’admettre qu’au vu de ce précédent, il faudrait désormais inviter la CGT.
Sur les travailleurs étrangers, la CPME a dit partager notre position sur la circulaire Retailleau. Les autres organisations patronales ne se sont pas clairement positionnées.
Sur l’assurance chômage, les organisations patronales ont dénoncé le « scandale » des ruptures conventionnelles, et de ces salariés qui useraient de l’assurance chômage comme de droits de tirage pour se payer des congés sabbatiques, de ces salarié.e.s qui choisiraient l’intérim et les contrats courts et qui forceraient les employeurs à faire des ruptures conventionnelles… ! La CPME a insisté sur le ras le bol patronal et a indiqué qu’elle refuserait de signer un accord assurance chômage qui soit inférieur à 1 milliards d’euros d’économies !
Les organisations syndicales ont redit leur opposition à la réforme assurance chômage du gouvernement qui prévoyait 4 milliards d’économie et à tout nouveau recul au vu des violentes régressions subies par les salariés et de l’augmentation du chômage et des licenciements. Les organisations syndicales ont dénoncé le double discours du patronat sur les ruptures conventionnelles. Alors qu’il a voulu ce système pour sécuriser les licenciements, multiplier les ruptures de contrats de travail sans justification économique et sans obligation de reclassement ou de formation, il veut maintenant pénaliser les salarié.e.s, pour qu’ils se payent leur indemnité de rupture conventionnelle.
Les organisations syndicales ont interpellé le patronat sur :
- Le prélèvement par l’État des comptes de l’assurance chômage qui crée le déficit et qu’il faudrait commencer par dénoncer et empêcher ce qui rétablirait l’équilibre du régime,
- La nécessité de taxer les contrats courts au niveau de ce qu’ils coûtent à l’assurance chômage,
- La nécessité d’aligner le plafond de cotisation chômage (actuellement à 4 plafonds de la sécurité sociale) sur celui de l’AGIRC ARRCO (8 plafonds) qui ferait rentrer 6 à 800 millions d’euros dans les caisses.
