Journées nationales ACTION LOGEMENT : Intervention CGT

Mesdames, Messieurs,

Je ne vais trahir aucun secret, notre pays traverse une crise du logement sans précédent. Chacun le mesure ici : sans logement, il n’y a pas d’accès durable à l’emploi ; lorsque l’accès à l’emploi est fragilisé, la précarité et la pauvreté s’aggravent.

Aujourd’hui, le logement, premier poste de dépense des salariés, conditionne directement l’accès à l’emploi, les mobilités professionnelles et le maintien dans l’activité.

Dans les zones les plus tendues, la situation se dégrade : les salariés sont contraints de s’éloigner toujours davantage de leur lieu de travail. Les trajets s’allongent, les coûts de transport augmentent et, avec eux, la précarité. Un véritable cercle vicieux s’installe, mêlant crise du logement, mobilité contrainte et difficultés sociales. Cet éloignement forcé a également un coût écologique majeur, entraînant une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Les conséquences économiques et sociales de la pénurie de logements abordables sont massives et chiffrées.

Selon le patronat, 19 % des entreprises déclarent faire face à des refus d’embauche à cause du mal-logement.

L’Union Sociale pour l’Habitat (USH) rappelle que 2,9 millions de ménages sont actuellement en attente d’un logement social. Et qui plus est, pour les salariés, un taux d’effort insoutenable avec un coût moyen du logement qui s’établit à 27 % des revenus, et qui atteint fréquemment 50 % pour les locataires des zones tendues.

S’agissant des jeunes, dans ce contexte, s’il faut saluer l’efficacité de la garantie VISALE, il nous faut garder en tête les difficultés financières dans un moment de paupérisation grandissant.

La réalité du terrain impose une évidence : sans logement accessible, le « plein emploi » n’est qu’une illusion, surtout si on veut garder nos jeunes comme force vive de nos territoires, tous nos territoires, je pense au devenir de cette jeunesse dans les territoires ultra-marins. Les jeunes, contraints pour certains de dormir dans leur voiture pour travailler, ou même de renoncer à un emploi faute de logement.

En 2023, selon la fondation pour le logement des défavorisés, 500 000 salariés ont refusé une offre d’emploi, faute de pouvoir se loger à proximité. Est-ce cela que l’on veut continuer de faire supporter à notre jeunesse ?

Pour la CGT, le logement ne peut pas être réduit à un simple bien marchand. Pour cela, je souhaite au nom de mon organisation, rappeler avec force notre attachement au rôle, aux missions et à l’utilité sociale d’Action Logement, dans un contexte économique, social et sociétal particulièrement tendu pour les travailleuses et les travailleurs.

Peser par des analyses étayées, contribuer par des propositions concrètes, et défendre un modèle fondé sur l’intérêt général, la solidarité et la justice sociale sont nos priorités, alors que le logement, comme levier de cohésion sociale, doit être réaffirmé.

Pour notre organisation syndicale, cela repose sur la reconnaissance du paritarisme, le respect des engagements pris par les partenaires sociaux, notamment en matière d’emploi de la contribution PEEC.

Dans une période marquée par des échéances majeures, nos souhaitons que les débats autour du projet de loi logement soient à la hauteur des enjeux auxquels nous devons faire face. Tout comme pour la négociation de la prochaine convention quinquennale avec l’État, il est impératif que l’ensemble des acteurs agissent de manière responsable, coordonnée et soucieuse de la cohérence du modèle Action Logement et la défense de son modèle paritaire.

C’est dans cet esprit de responsabilité collective, de transparence et de fidélité aux valeurs fondatrices d’Action Logement que la CGT continuera à exercer pleinement son rôle au sein de son comité d’orientation politique, dans l’intérêt des travailleuses et des travailleurs de ce pays, sans oublier ceux du groupe, que je tiens à saluer pour leur plein engagement.

Je vous remercie.

Nathalie BAZIRE  Jeudi 9 juillet 2026 à Paris

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